Lisa LOMBARDI

Lisa LOMBARDI

Conseillère Entrepreneuriat-PME-Numérique – UWE

Compte-rendu de l’intervention

« Il nous faut des ambassadeurs, des success stories du numérique »

La digitalisation du tissu des entreprises wallonnes est prise très au sérieux par l’UWE. L’enjeu est double : il en va de la durabilité et de la prospérité de la région. Une révolution est en marche.

Lisa Lombardi n’en démord pas : « La culture digitale doit percoler dans notre région. Nous ne pouvons pas subir la vague du numérique. Il faut surfer. »

Pour y arriver, la région entend capitaliser sur les 400 start-up et entreprises numériques déjà implantées en Wallonie. 42 % sont situées dans le seul Brabant Wallon. 61,5 % sont actives dans le B2B, contre 16,5 qui s’adressent directement aux consommateurs. Les diplômés dans les filières STEM sont en hausse – 17 % en Belgique -, mais sont encore sous la moyenne européenne (26 %) et à peine à la moitié du chemin de nos voisins allemands (36%).

L’engouement face au constat

Les citoyens ont déjà pris le train du numérique. Le commerce électronique figure en 6e position dans le classement des usages d’internet. 61% des Wallons ont acheté en ligne cette année. Pourtant, 55 % des commandes sont passées sur des sites web ou applications non belges, contre 33 % il y a quelques années. Un recul qui devrait sérieusement inquiéter les entreprises.

Le constat d’urgence ne s’arrête pas là. Ainsi, 80 % des entreprises wallonnes disposent d’un site web, mais 58 % ne sont pas mis à jour, 16 % seulement y élaborent une stratégie marketing et 50 % ne sont pas traduits (se refusant ainsi à l’exportation au-delà de la francophonie). 87 % des sites web ne sont pas responsive, donc adaptés au mobile. Lisa Lombardi prévient : « Les décisions d’achat ou recherche d’informations se font sur le mobile, même en point de vente. Un site non responsive n’est plus une option. Il nous faut créer les conditions d’une croissance du commerce électronique. »

Eurostat ne dit pas autre chose, classant la Belgique à la 28e position dans les États les mieux préparés au commerce en ligne, un classement dominé par les tout proches Pays-Bas.

Un emploi de perdu, 3,7 de retrouvés

L’experte de l’UWE le reconnaît. La robotisation et la transformation numérique vont menacer des emplois (Comeos évoque 36.197 suppressions de postes), mais elle refuse le fatalisme : les postes à pourvoir, plus qualifiés, vont se multiplier. De nouvelles expertises sont requises, de nouveaux métiers prennent de l’ampleur : Chief Data Officer, Data Scientist, CDMO, Chef de projet E-CRM, consultant en web analytique, spécialiste UX, social media manager, responsable de la stratégie de mobile.

Les derniers chiffres fournis par Agoria indiquent que 4,5 millions de travailleurs devront régulièrement mettre à jour leurs compétences. Pareil pour les chefs d’entreprise : un sur trois ne maîtrise pas encore des domaines pourtant essentiels de l’industrie 4.0 : l’internet des objets, les mégadonnées (big data) ou encore l’intelligence artificielle (IA). L’effort à fournir est collectif.

De l’importance des tiers lieux

En Wallonie, plus aucune barrière technologique n’empêche les nouveaux modes de travail d’émerger. Symbole : les tiers-lieu – que sont les fab labs et les espaces de coworking – qui pullulent dans la région en sont l’incarnation. Ils favorisent la collaboration, l’open innovation et l’équilibre entre vies privée et professionnelle. « Ce sont des lieux où l’entreprise peut aller puiser de l’inspiration pour développer de nouveaux services. Les fab labs permettent, par exemple, d’expérimenter, de mélanger les compétences, d’expérimenter, de confronter les idées au réel. C’est un stimulus essentiel », se réjouit Lisa Lombardi.

Objectif : l’Industrie 4.0

Numérisation, IoT, IA, autant de bouleversement de nos modes de production et de distribution dont la maîtrise permettra à l’Industrie 4.0 de susciter des vocations et des initiatives fortes en Wallonie. « Il nous faut programmer des robots industriels, nous devons nous inscrire dans la croissance de l’internet des objets et de la smart home », affirme avec détermination la représentante de l’UWE. « Nous avons nos ambassadeurs. 13 en l’occurrence, de Lescan à Belgium Coating en passant par Emac. »

Une détermination nourrie d’optimisme : « D’accord, il y a des urgences, mais aussi pas mal de points positifs. La Wallonie doit poursuivre ses efforts pour rester dans la course et gagner des points. Se laisser dépasser n’est pas une option sur un marché mondial concurrentiel. Nous avons des entreprises innovantes, la Wallonie est une terre fertile et nous allons tout mettre en œuvre, ensemble, pour y arriver », conclut Lisa Lombardi.

LISTE DES ORATEURS