Frédéric MALLEFAIT

Frédéric MALLEFAIT

CIO
CESI

Compte-rendu de l’intervention

« Il nous faut résoudre la difficulté du changement continu »

Une réforme politique met le CESI face au plus grand défi de son histoire. Tout est à refaire dans son IT. Chronique d’une révolution entamée il y a 3 ans, sous forme de partage d’expérience.

Le CESI – service externe de prévention et de protection au travail – se présente en quelques chiffres. L’entreprise compte aujourd’hui 320 collaborateurs répartis dans 23 centres propres, avec 10 unités mobiles. L’organisation sert plus de 15.500 entreprises et couvre 264 mille travailleurs.

En 2016, une rupture majeure intervient pour l’entreprise, avec la réforme de la surveillance de santé. Une révolution pour le CESI : le financement est désormais lié à des projets de l’employeur, ce qui introduit, pour la première fois dans sa longue histoire, la notion de client.

2016 : début de la transformation digitale

La réforme impose de transformer digitalement l’entreprise fondée en 1968. L’IT se voit alors confier plusieurs missions. Sujet sensible : assurer la continuité des services tout en les transformant.

Tout est à refaire, l’infrastructure est vieillissante : d’une équipe IT centrée sur le support et l’infrastructure, le CESI doit faire appel à des partenaires et opérer un changement de mentalité en interne, consistant à rapprocher métier et IT. Pour Frédéric MALLEFAIT, l’objectif est tracé : redonner confiance dans le département IT et fiabiliser environnements comme applications. “Il a fallu être organisés, créer un cadre organisationnel, définir un modèle. On a tout mis dans un shaker et la machine s’est mise en route. »

Le CESI doit alors négocier un changement important : structurer et professionnaliser la gestion des projets, assurer le reporting et le suivi auprès de la direction. En parallèle, il convient de juguler la résistance au changement d’une partie du personnel. À ce niveau, la surprise est plutôt positive : « De la résistance, oui, il y en a eu, mais pas forcément auprès des personnes qui sont là depuis parfois plus de 25 ans. Il n’y a pas eu de conflit de génération. Bien expliqué, le changement entraîne avec lui tout le personnel. »

Une transformation collaborative

Une Digital Roadmap est finalement mise en place, soulignant la nécessité de créer un cadre pour la transformation, au-delà de l’organisation, mais aussi la recherche d’un juste équilibre au niveau du temps passé sur les changements eux-mêmes. « On a préféré mettre notre énergie dans l’infrastructure. On a vendu tout ça en interne de manière très participative. Et on a réussi. »

Tout au long de la transformation, une enquête de satisfaction est menée, destinée à être partagée avec les équipes, indique le CIO  : « Nous avons toujours communiqué pour expliquer les choix opérés. »

Après 3 ans, un premier plateau est atteint : l’environnement est stabilisé et fiabilisé. L’ensemble du SI a été impacté de manière plus ou moins radicale. Aujourd’hui, la transformation digitale porte ses premiers fruits : « On peut commencer à apporter de la valeur métier! »

S’adapter aux attentes réelles

Beaucoup de changements ont été opérés depuis 2016. Conséquence : le métier demande de « souffler un peu” pour intégrer l’ensemble des innovations apportées par la transformation digitale. Un constat que le CIO

« On avance trop vite, mais pas assez loin pour le métier. Il est en attente de davantage encore », conclut Frédéric MALLEFAIT. « On touche potentiellement aux limites de l’agilité. Le changement continu n’est pas envisageable, nous entrons dans une phase de consolidation. » Traduction : il faut à présent accompagner le changement dans la durée et, surtout, adapter le changement aux attentes réelles.

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